Pourquoi la rue de l'Ancien Stand va être rebaptisée Rue Pauline Buisson

Début juin, le Conseil communal a octroyé la bourgeoisie d’honneur à titre posthume à Pauline Buisson, ainsi qu’à son fils Hypolite Buisson et François Midas. Pauline fut la seule esclave connue d’Yverdon, avec François Midas. Son fils Hypolite, né libre, s’est battu pour obtenir la bourgeoisie d’Yverdon et la naturalisation afin de pouvoir exercer son métier de cordonnier sans crainte de se faire expulser. Mais les autorités ne le lui ont jamais accordé. C’est désormais chose faite. La Ville a également décidé de renommer la rue de l’Ancien Stand au nom de Pauline Buisson.
Que sait-on de Pauline Buisson? Les informations à son sujet restent lacunaires, comme l’explique l’historienne Catherine Guanzini. Née et réduite en esclavage à Saint-Domingue, Pauline Buisson a été ramenée en 1771 à Yverdon par David Philippe de Treytorrens, un officier au service de la France, jusqu’à sa mort en 1826. Elle a travaillé en tant que domestique dans la villa d’Entremonts, le statut d’esclave n’existant pas en Suisse à ce moment-là. Les autorités d’antan ne semblent pas s’être penchées sur son cas. Il était rare que des esclaves soient ramenés en Suisse malgré les liens entre le pays et certaines colonies.
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Pourquoi c'est un symbole. La rue en question n’a pas été choisie au hasard, m’explique Carmen Tanner, vice-syndique, en charge de l’urbanisme, des ressources humaines, de la culture et de la durabilité: «C’est un acte qui permet une visibilisation au quotidien. On a voulu que ça se passe au centre de la ville, au cœur de la vie des Yverdonnois. Et la rue de l’Ancien Stand débouche sur le quartier Gare-Lac, là où va se construire la ville dans les 10 prochaines années. C’est une façon de faire un lien entre un passé que l’on souhaite reconnaître et le futur de la ville que l’on construit, qui se veut multiculturelle.» Et il n'est pas impossible, ajoute Carmen Tanner, qu'un jour, une rue Hypolite Buisson voit le jour dans le futur quartier Gare-Lac.


