Pour ses partisans, un salaire minimum aidera les coiffeuses et les serveurs du Nord vaudois

Le 14 juin, dans le canton de Vaud, on vote sur la double initiative — constitutionnelle et législative — pour un salaire minimum à 23,55 francs de l’heure. Aujourd’hui, trois questions à Arnaud Bouverat, coprésident du comité d’initiative et secrétaire régional d’Unia Vaud. La semaine prochaine, la parole aux opposants.
Qui sont les travailleurs concernés?
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Dans le Nord vaudois, il s’agit principalement du personnel de la vente, de l’hôtellerie-restauration, de la coiffure, de l’économie domestique, ainsi que de l’industrie alimentaire et des blanchisseries. Ce sont pour environ deux tiers des travailleuses dans des secteurs féminisés. De manière générale, il s’agit des «working poor» — des personnes qui travaillent à plein temps et qui ne peuvent pas boucler le mois malgré cela. On estime qu’ils représentent environ 5 à 7% de la population active vaudoise.
Les patrons de PME craignent qu’un «oui» coule leur affaire…
Les exemples de Genève et de Neuchâtel ont montré l’impact positif d’une hausse des salaires, et ce sans augmentation du chômage. L’économie dans son ensemble est donc capable d’absorber l’introduction d’un salaire minimum — les boulangeries et autres petits commerces ne vont pas fermer pour cela. Contrairement à ce que prétendent certains patrons, ces craintes ne sont pas vérifiées. De plus, revaloriser des métiers aujourd’hui peu attractifs sur le plan salarial aura un effet positif: davantage de personnes seront prêtes à s’y engager, ce qui renforcera ces branches plutôt que de les fragiliser. Enfin, maintenir le statu quo n’est pas non plus sans coût: laisser une partie des travailleurs dans une situation de précarité représente un problème économique et social que la société finit toujours par payer d’une façon ou d’une autre. C’est soit un frein à la consommation, soit un coût pour l’aide sociale.
Quelle différence entre votre double initiative et le contre-projet, que vous qualifiez de «coquille vide»?
La double initiative fixe un salaire indexé au coût de la vie et ne prévoit que des exceptions calquées sur nos cantons voisins, tandis que le contre-projet n’a pas d’indexation automatique et laisse aux conventions collectives et aux contrats-types la possibilité de fixer des salaires inférieurs à ce seuil, excluant ainsi de nombreuses branches à bas salaires (comme la coiffure, la restauration, etc.). Concrètement, cela signifie que le contre-projet changerait peu de choses pour les travailleurs les plus précaires.


