Agression d’un jeune par une bande à Yverdon. Les mineurs deviennent-ils plus violents?

On en parlait la semaine dernière. Jeudi 11 juin, un jeune Yverdonnois s’est fait tabasser par une bande d’une quinzaine de jeunes (qui ont filmé et diffusé l’agression), alors qu’il pêchait à l’étang de Y-Parc.
Comment va l'adolescent?
La newsletter
Votre concentré de bonnes infos sur Yverdon et sa région
Deux fois par semaine dans votre boîte mail, gratuitement. À lire en 5 minutes.
Je lui ai parlé: blessé au rein, il se remet de ses blessures, et doit rester sous surveillance médicale. Sa mère, Aurélie-Maude Hofer, conseillère communale PS, souhaite surtout alerter: «J’ai reconnu l’agresseur [un mineur, ndlr] de mon fils sur une autre vidéo de tabassage. Aujourd’hui je veux dire à la population de se méfier, car il risque encore de sévir.» Une plainte est déposée, et l’affaire est aujourd'hui remontée au Ministère public. L’auteur a été identifié via la vidéo, et entendu, toujours selon la maman.
Y a-t-il un problème de violence des jeunes à Yverdon?
«C’est vrai qu’il y a des jeunes connus de nos services qui peuvent être compliqués et poser des problèmes à Yverdon, nous les surveillons. Nous faisons en sorte qu’il n’y ait pas de phénomènes d'imitation qui se déclenchent», m’explique le commandant de police Marc Dumartheray. Pour autant, ce dernier nuance: «On ne constate pas d’augmentation de la violence chez les mineurs dans le Nord vaudois.» La dernière fois qu’il y a eu des phénomènes de bande, c’était il y a 5 ans et le problème a été résolu depuis, rappelle le commandant.
Et en Suisse plus globalement?
La professeure en criminologie Sandrine Haymoz de la Haute école de travail social de Fribourg abonde dans ce sens: « La situation globale de la délinquance juvénile s’améliore. Cela étant, l’élément le plus notable des dernières années est la progression de certaines infractions violentes chez les mineurs, comme les lésions corporelles. Mais elles restent rares.»
Quel rôle des réseaux sociaux?
Par ailleurs, Sandrine Haymoz alerte sur le fait que cette violence semble de plus en plus mise en scène sur les réseaux sociaux et donc plus visible: «Cela peut être une quête de reconnaissance et de notoriété. Certains jeunes cherchent à attirer l’attention ou à impressionner leurs pairs. Cette exposition publique peut aussi nourrir un sentiment de puissance, en leur donnant l’illusion de pouvoir agir sans conséquences immédiates».


