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Quand Yverdon était une plaque tournante… du sel

L’ancien entrepôt de sel d'Yverdon – Photo : Joseph Centurier (Musée d'Yverdon)

Une place stratégique. Dès le Moyen Âge, et surtout aux XVIIe et XVIIIe siècles, Yverdon joue un rôle clé dans le commerce du sel destiné aux cantons suisses, grâce à sa position géographique. En 1623, les Bernois imposent un monopole sur le sel de Franche-Comté et de la Méditerranée qui transite par Yverdon. Grâce au lac et aux rivières, la ville peut alors approvisionner tous les cantons assujettis à Berne. Et la demande est énorme. Le roi Louis XV exige la construction d’une nouvelle saline à Arc-et-Senans dans le Doubs pour raffiner le sel destiné aux cantons suisses via Yverdon, raconte Corinne Sandoz, archéologue et conservatrice au Musée d’Yverdon et région.

Les magasins à sel d’Yverdon. Arrivé par les cols de Jougne et des Étroits, le sel est stocké à Yverdon dans de grands entrepôts, appelés magasins. Et vous en connaissez sûrement un: les anciennes casernes, qui abritent aujourd’hui le Tribunal d’arrondissement de la Broye et du Nord vaudois, ont été construites par les Bernois à côté du canal pour servir de magasin. Denrée indispensable à l’époque, le sel est si recherché que même Zurich, qui n’est pas sous domination bernoise, a son propre entrepôt à Yverdon.

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Pour la petite histoire. Les bateliers yverdonnois amènent le sel jusqu’aux différentes villes assujetties et remontent jusqu’au canton de Soleure. C’est de là que vient cette fameuse expression bien de chez nous, «être sur Soleure» ou «être chargé pour Soleure», qui signifie être un peu pompette: les bateliers transportent aussi des barils de vin… et en profitent pour «tester» un peu la marchandise. Ce commerce par voie d’eau cesse au début du XIXe siècle après la découverte des salines du Rhin près de Bâle.